Pourquoi ?

Fleurissent les raisons du pourquoi...

Chacun les siennes, les miennes ne se saisissent pas par la froide raison. Mais bien par la chaleur des sens. Alors fermons les yeux un instant et je vous emmène au bout de la terre.

Une vraie, bonne pipe, c'est celle de l'absolu partage. Celle où mon homme se détend, s'allonge et m'offre en retour toute la gratitude de son bien-être. Cet état dans lequel il est lorsque son corps cesse d'être poids, outil ou inutile ; où il lui retrouve son sens originel. Étendu dans le confort de sa couche, je le laisse fermer les yeux, et clos moi-même mon regard pour ne pas faire intrusion dans son espace, estompant mon égo d'habitude si présent pour lui laisser toute la place, à lui.

C'est un moment où il est tout à la fois en accord et seul avec lui-même, où il se donne le droit d'aise absolue. Il reçoit enfin sans avoir demander et n'est pressé d'aucune compensation équitable. Il est juste là, juste bien, gratuitement. Sans penser à l'avant, sans penser à l'après. D'ailleurs, ni l'un, ni l'autre n'existent plus. A mes yeux, le luxe c'est le temps. L'ataraxie par l'uchronie. Elle offre une seconde d'éternité, stoppant la course de Chronos. Figer le temps, oublier le monde.

Lorsque l'homme se sent pleinement apaisé, l'univers tisse une barbe à papa sucrée et nous unit dans une force paisible et immortelle. La plupart des hommes avec qui l'on partage un tel instant le conserveront tapi au creux d'eux-même. Imputrescible quiétude. Pour ceux qui ont oublié ou oublieront, la magie de la confiance et de l'union n'opère pas toujours... encore faut-il un échange équilibré et sincère, et surtout cette cohésion qui ne se dicte ni ne se prédit.

Ce n'est pas parce qu'on pense connaître une personne ou qu'on la fréquente depuis longtemps que le partage est plus fort. Ce n'est pas non plus la seule fougue du premier rendez-vous qui le favorise. Cela dépend. Ça dépend quand, ça dépend où, ça dépend comment, et avec qui. De notre cœur à ce moment, de nos envies. Mais quand on le trouve, ce partage, on apprend à le dompter, à le dresser et le cajoler, à en faire un ouvrage ciselé. La pratique fait le maître.

Une approche personnelle

Mon approche de la pipe a beaucoup évolué ces dernières années. J'ai petit à petit construit un monde autour de ce moment. Le même que celui qui se crée autour d'un massage. Non pas qu'une promenade entre mes lèvres soit ennuyeuse ou manque de caractère, mais le plaisir que je recherche est celui de l'apaisement. De cette sphère protectrice particulière qui confectionne ce nid de douceur et d'unique délice.

Je suis moins satisfaite si l'homme n'est pas concentré sur lui-même, simplement heureux de sa condition ; s'il blablate, tente de me tripoter ou se détache de son délassement. C'est vrai, c'est un peu dirigiste et autoritaire de préférer un homme sage, mais il ne s'agit pas de passivité ou de soumission, juste de le voir vraiment comblé de sa condition à cet instant.

 

Personnellement le plaisir que moi même j'en retire n'est pas seulement cérébral. Peut-être parce que je suçais mon pouce étant petite, mais le bonheur buccal est à mes yeux, ou plutôt à mon goût, au moins aussi délectable que celui d'un orgasme. Ce n'est pas parce que c'est différent que c'est moins bon. Et ici en l'occurrence, c'est succulent. D'autre part, croyez moi, l'orgasme ça me connaît. En témoigneront les nuits perturbées de mes voisins cauchemardant de cris de louve-garoute... Ce n'est donc pas non plus un manque d'expérience qui me mène vers ce goût particulier. Juste le plaisir, le jeu, l'échange et l’exception.

 

L'echange dans la confiance

 

Qui plus est, je pense que le partage d'une fellation, loin de cette réputation d'inégalité qu'on lui attribue, ouvre les portes de beaucoup d'opportunités : la confiance, la confidence, l'osmose. Le rapport humain tactile se perd de plus en plus. A moins d'appartenir à la confrérie free hugs, on ne touche que les gens qui nous sont intimes. Et pourtant... Pourtant un inconnu peut parfois nous apporter plus qu'une décennie de relation. Parce que c'était le bon moment, parce que c'était ce dont on avait besoin, parce que c'était donné sans attente. Et de même, celui qui partage notre lit depuis si longtemps, dont chaque soupir et chaque mouvement est connu et pressenti, celui-ci même, à force d'habitude peut justement nous être devenu plus étranger que le plus parfait anonyme.

 

Alors quelque soit celui qui vous fait face, le contact physique peut libérer l'essence de nos êtres. Les humains communiquent grâce au langage, mais ce dernier n'est pas constitué que de mots. Nous le savons tous, nous sommes capables de pressentir le désir ou la pensée de l'autre, mais aussi éprouver son état d'esprit. S'il est aisé de percevoir la joie ou la colère de quelqu'un, certaines autres émotions sont plus subtiles à appréhender. A force de pratique et de contact, elles deviennent de plus en plus facilement préhensiles.

 

La communication dans un autre langage

Personnellement, même si cela peut paraître étonnant, je pense que la fellation aide à cela. Pour la simple raison que l'homme se détend et ne tente plus d'exercer ce contrôle sur lui-même qu'il conserve au quotidien. Au fond, ça lui fait du bien, il n'attend que ça. Pouvoir se détendre, se libérer, cesser de penser. C'est ce que l'on cherche dans toute relation charnelle. Qu'il s'agisse d'une pipe ou d'un gros câlin. Et si les phéromones appliquent consciencieusement la tâche pour laquelle elles ont été programmées, le cortex, lui, refuse de lâcher prise comme on le lui enjoint.

 

D'abord parce que lâcher prise est maintenant synonyme de soumission ou de mise en danger, mais aussi parce qu'on ne fait plus confiance à l'instinct. L'instinct est cette voix qui sort de nos tripes et qui nous protège. C'est le Moi profond, intérieur qui sait toujours ce qui est bon pour nous. Il ne nous crie que le vrai, que l'essentiel. Malheureusement il est brouillé par la réflexion incessante de nos cortex suractifs. On a beau dire être une génération de fainéants, entre le milliard d'informations que l'on reçoit par minute et cette pression sociale qui nous interdit de tendre vers le naturel pour rester dans le moule, il est très difficile de mettre son cerveau sur off.

 

Le precieux de l'intime

 

Seuls des moments rares et intimes nous offrent cette possibilité. Même si nombreux sont ceux qui sont incapables de se débarrasser du contrôle, de leur image, de la pseudo maîtrise qu'ils pensent qu'il est nécessaire de conserver pour être socialement jugé comme un beau gosse ou un bon coup. L'égoïsme est aussi un mal en phase de détruire ce qu'il nous reste de partage.

 

Toutefois, tout le monde possède cet instinct, ce bien être camouflé à l'intérieur. Il faut juste se débattre sous l'imbroglio de pensées entremêlées pour pouvoir commencer à en apercevoir la lumière. Et il est vrai que le contact avec l'autre peut aider à enrouler le fil de son bordel intime autour d'une bobine que l'on pourra laisser de côté le temps de vivre un peu.

 

Et selon moi, une bonne pipe ça aide aussi à ça.

 

Se relâcher, s'apaiser, se relaxer, tant dans le plaisir que dans la jouissance. Se libérer de ses tensions par autre chose que les mots. S'étourdir de désir puis de plaisir pour ne vous en aimer que d'avantage ! Lui qui d'habitude crache tripes et boyaux pour vous faire atteindre l’orgasme, lui qui se tape tout le boulot sans que l'on sache jamais d'où vient cette absurde convention tacite de l'homme qui fait tout. La parité mesdames ! Vous voulez qu'il fasse la vaisselle ? Et bien mettez vous à la pipe. Chacun son tour d'y mettre du sien !

 

Une envie reciproque

 

Mais attention, je blague ici avec vous, ne perdez pas pour autant de vu qu'à aucun cas une fellation ne doit être une corvée ou l'accomplissement d'un devoir conjugal. Ce ne doit être que le fruit de votre désir. Il faut que cela vienne de vous. Et si vous ne ressentez pas cette envie gourmande, demandez vous pourquoi.

 

Est-ce réellement parce que cela vous dégoûte ? Ou parce que vous ne vous sentez pas à la hauteur ? Réfléchissez-y vraiment. Pourquoi ne pas en avoir envie? Donner n'est-il pas quelque chose qui peut prodiguer de la fierté et du plaisir ? Et si vous vous êtes lancées, pourquoi tant d'hommes disent voir des femmes sucer à reculons ? (métaphoriquement...) Le faire seulement à l'occasion... ou pire le faire parce qu'il faut le faire. Certes il est important de faire plaisir, mais il faut d'abord que l'envie soit là, bien présente.

 

Peut-être vous demandez-vous ce qui peut bien procurer du plaisir à la femme. Et bien cela est à l'appréciation de chacune, mais personnellement je mettrais en premier lieu le ravissement de voir l'autre adorer ce que vous lui offrez. Le voir enfin se détendre et ce grâce à vous et vous seul. Il y a certes une contemplation narcissique, mais pourquoi pas après tout? Tout le monde a besoin de sentir un peu indispensable, un peu précieux.

 

Et quoi de plus beau que de voir votre homme heureux d'avoir eu droit à un si beau présent. Il ne vous en aimera que plus. Et dans une relation de confiance, toutes les occasions sont bonnes pour faire plaisir !

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