La pipe cette pacifiste

De tous temps les Hommes se sont fait la guerre. Et la feront encore. Si les matchs de foot canalisent certains instincts premiers de nos belligérants modernes, les conflits continuent de régler l'ordre mondial. Conflits armées, religieux, financiers... Une bande de macaques adolescents à qui on aurait laissé des jouets un peu trop dangereux et dont le pouvoir et les conséquences leur échappent totalement.

Nos amis les betes

Ça n'est pas très gentil pour les macaques me direz-vous. Les singes et autre amis de l'espèce animale (dont nous faisons bien sûr partie) possèdent une individualité, un instinct protecteur et salvateur, un mode de fonctionnement intellectuelle et pour la plupart une réflexion personnelle (ou capacité d'adaptation si certains sont gênés par l'emploi d'un terme réservé à l'orgueil humain).

 

Cependant nous les différencions tout de même de nous autres humains. Pourquoi ? Nous avons les mêmes besoins : manger, boire, dormir... Les mêmes aspirations : appartenir à un groupe, trouver un partenaire, se reproduire...

Et pourtant quelque chose est différent. Eux (nos amis les bêtes) se battent pour leur survie, luttent pour se nourrir, et occasionnellement gambadent dans les prés à la recherche de divertissements quelconque. Leur existence n'est régie que par un point primordial : la survie. La leur propre et celle de leur espèce. Autant dire l'auto-protection et la reproduction. Alors me direz-vous ! Encore une fois quelle différence avec nous-même ?

 

Il n'y en a qu'une. Mais elle est de taille. C'est la conscience de nous-même. Que 30 millions d'amis, ni Brigitte B. ne s'insurgent ici, je n'insinue en rien que les animaux n'ont pas conscience d'exister. Loin de moi cette idée, tout à fait absurde qui plus est. Un chien, un rhinocéros, une truite, une fourmi... tous ont conscience d'eux-même, de leur corps, de leur vie, du danger qui pourrait à tout instant détruire ce qu'il sont.

Etre humain

Mais l'Homme possède en plus ce recul qui lui donne la capacité de regarder de l'extérieur sa propre situation. Si l'animal craint pour sa vie, l'humain sait qu'un jour il n'existera plus. Que son individualité, sa personnalité, son identité, tout son être sera réduite au néant. Rien. Nada. Disparu.

Il sait que si il a faim c'est parce que son corps réclame d'être nourri. Que si il respire c'est pour alimenter ses cellules en oxygène. Que toute sa chair n'est forgée que pour répondre aux besoins de son cerveau, le maintenir en activité.

 

Que si il aime, c'est pour le pousser à se reproduire.

 

L'humain a conscience de sa condition. De son être mais aussi de son potentiel non être. Il sait qu'il existe et qu'un jour il ne sera plus. Il a du recul sur lui et sur son espèce. Il a appris l'absurdité de sa condition éphémère. Il lutte pour vivre et pourtant sait qu'il peut disparaître en un claquement de doigts.

La contradiction de ces données implique un constant conflit intérieur. Relégué bien entendu, au second plan par la conscience. Car tous ceux qui se plongent dans la contemplation de ce paradoxe deviennent fous ou dépressifs. Et ces deux caractéristiques ne sauraient être en cohésion avec l'instinct de survie.

Du coup, le cerveau met l'absurdité de notre condition dans le petit tiroir des choses qui existent, qui sont importantes, mais qu'il ne faut pas traiter sous peine d'auto-destruction. Ce dossier caché dans un des coffres-forts de la maison blanche du cortex. Et il s'en va vaquer à ses occupations de survie : boire, manger dormir, se reproduire.

 

Sommes-nous alors une race de stupides ignorants qui refusent de voir la réalité en face et qui se ruent sur les derniers programmes télévisuels ou autres divertissement de cette cause perdue : le travail, l'amour, le jeux, le sport... ? tout ce qui peut nous donner l'impression d'être infini et qui nous fait oublier l'éphémère. Non bien sûr. Il ne s'agit pas là d'une quelconque stupidité. Seulement d'une protection indispensable.

 

C'est la bagarre !

Sauf que ce conflit intérieur, même caché bien caché, continue de subsister. Il existe bel et bien. Alors il remonte à la surface, insidieusement. Grâce à des déguisements et des stratagèmes dignes du fameux cheval de Troie. Du coup, l'humain en constant conflit avec sa condition, avec lui-même, rejette cet état sur l'environnement extérieur et invente des conflits qui se déroulent à l'extérieur de lui-même : des guerres, des disputes, des bagarres, des mécontentements, des insatisfactions...

Car s'il n'a aucune main mise sur ce qu'il se passe au plus profond de lui, ce qu'il ne réussit même pas à percevoir, il pense pouvoir au moins contrôler ce qui existe autour de lui.

Car ce que l'on voit nous paraît toujours plus réel que ce que nos sens sont incapables d'appréhender..

Un peu de calme dans la tempete

 

Et la pipe dans tout ça ? Nous nous égarons !

Et bien, si cet humain complètement soumis aux réminiscences de son inconscient refoulé rêve un instant, ce sera de paix et d'amour, d'essentiel et de sincérité, d'égalité et d'apaisement. La morale, concept extérieur à nous-même que nous tentons d'appliquer par des lois civiles ou religieuses, nous enjoint toujours à ne pas nuire, ne pas détruire et même à 'aimer notre prochain'.

Liberté, égalité, fraternité, toutes les utopies sont ravitaillées par le fantasme de quiétude et de sérénité. Si tous luttent et se débattent, tous rêvent de paix.

 

Et cette paix ne se trouvera ni dans la sagesse de nos gouvernements, ni dans le calme de nos quotidiens. Mais dans des instants minuscules.

Et c'est grâce à leur rareté et à leur contraste dans nos vie mouvementées et conflictuelles que ces moments deviennent forts et précieux. Et si comme nous ils sont éphémères, ils savent aussi nous octroyer leurs qualités, et nous rendre à notre tour forts et précieux.

 

Alors que ce soit pour une pipe, un massage ou un câlin, posons nous une minute et reposons nous pour de bon.

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